Aiguilles ou laser : à vous de choisir

Aiguilles ou laser : à vous de choisir

Aiguilles ou laser : à vous de choisir

 Aussi efficace un que l’autre

Par Sylvain Sarrazin pour La presse

Ce n’est pas parce que certaines techniques thérapeutiques remontent à la nuit des temps qu’elles ne peuvent s’accommoder des nouvelles technologies. En adoptant le laser, l’acupuncture, pratique chinoise vieille de 5000 ans, a ainsi évolué et potentiellement ouvert ses portes à un plus grand nombre de bénéficiaires.

Bien que l’acupuncture au laser soit utilisée au Québec depuis plus d’une trentaine d’années, elle reste globalement méconnue par rapport à la pratique classique. Les acupuncteurs québécois se sont pourtant bel et bien approprié l’innovation, un éventail croissant de cliniques offrant cette possibilité.

Concrètement, le traitement des points d’acupuncture est similaire à celui par aiguilles, ces dernières étant remplacées par un laser athermique (ne produisant pas de chaleur), produit par une sorte de gros stylo. Le laser et les aiguilles peuvent aussi être combinés.

« Il existe deux façons d’utiliser le laser. Il peut être employé sur un point à la fois ou peut stimuler différents points en même temps », souligne l’acupuncteur Jean Legault, qui a totalement délaissé les aiguilles au profit du laser depuis 1994.

Les acupuncteurs les mieux équipés disposent ainsi des outils nécessaires pour effectuer un balayage sur la zone ciblée.

AUSSI EFFICACE QUE LES AIGUILLES

Cette pratique a-t-elle fait ses preuves ? « Le laser présente la même efficacité que les aiguilles, souligne Raymond Bourret, président de l’Ordre des acupuncteurs du Québec. Sur le plan clinique, on constate qu’il n’y a pas de différence. »

Des études ont démontré les réactions de l’organisme lors de traitements au laser, par exemple un afflux sanguin permettant une meilleure guérison des tissus ou encore une meilleure régénération musculaire.

Loin d’être une fantaisie high-tech, cette technique s’est avérée efficace dans le traitement des cas classiquement concernés par l’acupuncture, soit une grande palette comprenant des troubles musculo-squelettiques (tendinites, entorses, douleurs lombaires…) ou digestifs, des problèmes de sommeil, des allergies, etc.

« Les acupuncteurs travaillent beaucoup au niveau de l’anxiété et des déprimes. La première raison de consultation est liée aux problèmes émotionnels, au stress… »

— Jean Legault, acupuncteur

LES AVANTAGES DU LASER

Alors, si les résultats sont similaires, quels sont donc les avantages du laser ? Il pourrait bien réconcilier les aichmophobiques (ceux qui redoutent les aiguilles et les objets pointus) avec l’acupuncture, puisqu’il est parfaitement indolore. Il est également préconisé pour traiter plus facilement les enfants, ainsi que pour soigner des zones douloureuses pour lesquelles le recours aux aiguilles est plus délicat, voire contre-indiqué.

En principe, il ne laisse aucune trace sur la peau du patient, même si certains cas doivent être traités avec prudence. « Certaines personnes qui ont la peau fragile peuvent avoir des réactions, comme des rougeurs. Il faut aussi faire attention aux peaux plus foncées, pour lesquelles il faut diminuer la force de certaines diodes », indique Jean Legault. En revanche, il est déconseillé pour le traitement des femmes enceintes, à tout le moins sur la zone abdominale.

SÉCURITAIRE

Le recours au laser est rigoureusement encadré – il est d’ailleurs recensé dans la Loi sur l’acupuncture : l’acupuncteur « pose tout acte de stimulation autrement que par des aiguilles, notamment au moyen de la chaleur, de pressions, d’un courant électrique ou d’un rayon lumineux ».

Aussi, tous les praticiens membres de l’Ordre des acupuncteurs du Québec sont en mesure d’offrir des traitements au laser en toute sécurité. « Les membres sont formés au laser dans leur formation initiale, cela fait partie intégrante du programme. Ils sont soumis aux mêmes règles, devoirs et qualifications », précise le président de l’Ordre.

En revanche, cela ne signifie pas que tous sont équipés de façon semblable, certains y ayant recours occasionnellement (par exemple, en complément d’un traitement avec aiguilles) et d’autres, plus systématiquement.

 

Source: http://plus.lapresse.ca/screens/820dd77c-698c-496c-9b21-1087ab74b127__7C___0.html